Didier Lasserre - Silence was pleased

Luc Bouquet, Jazz'In

 

De maudites fréquences rongent le silence (Loïc Lachaize, Denis Cointe), clarinette et trompette, heureusement, les balaient. Dialogue de piafs surexcités, furetant du tac au tac  (Benjamin Bondonneau, Jean-Luc Cappozzo) avant que piano et cymbales (Christine Wodrascka, Didier Lasserre) argumentent un centre-chaos d’où s’extraie un filet de violoncelle (Gaël Mevel). Voilà, les présentations sont faites. Ce monde sera celui du souterrain et de l’azur. Avec les acouphènes pour horizon et l’espoir d’en sortir, Silence Was Pleased se construit, pas à pas, précieusement, et toujours se débarrasse des notes inutiles. Surgit alors le chant ancestral de Laurent Cerciat, arc-en-ciel de sagesse s’élevant au-delà des Lumières. Cela se nommait Light.

Viendront Day & Night. Day aime que se suspendent les choses, que le piano se révolte, que se lient les actions (remarquable trio Wodrascka, Cappozzo, Lasserre), que la solitude l’emporte enfin en un solo de drums aux tendresses infinies.

Night aime que s’adoucissent les peaux et que la trompette sonne l’appel. S’intercalent maintenant quelques stridences mais elles n’arrivent jamais à gommer l’unité-silence de ce beau et sincère enregistrement.