Abdelhaï Bennani Trio
There Starts the Future
Ayler Records, aylCD-083



CitizenJazz
By: Julien Gros-Burdet


Ayler Records, label passionnant s’il en est, confirme avec There Starts the Future, album signé par le trio d’Abdelhaï Bennani, son goût pour les disques aventureux.

Avec la production soignée qui le caractérise, ce label suédois propose quelques-uns des enregistrements les plus réussis de ces dernières années en matière de musiques improvisées et de free jazz : l’éclosion d’Exploding Customer, c’est grâce à Ayler ; les magnifiques albums de Henry Grimes, Jemeel Moondoc, Anders Gahnold, Steve Swell, Stephen Gauci, Charles Gayle, The Fish, c’est toujours chez Ayler. En parallèle, le label de Jan Ström réfléchit beaucoup sur la meilleure manière de proposer aux auditeurs une musique exigeante mais passionnante, notamment en utilisant toutes les possibilités offertes par les technologies contemporaines. Ayler Records propose ainsi une partie de son catalogue en téléchargement ; certains enregistrements ne sont d’ailleurs disponibles que sous cette forme. Autre innovation : la création des « Digital Boxes » : un ensemble d’enregistrements signés par tel ou tel artiste passionnant , disponible en téléchargement seul avec livret et pochette téléchargeables aussi, ce qui leur offre une visibilité accrue.

Pour cette nouvelle livraison, le saxophoniste marocain Abdelhaï Bennani est ici associé à Benjamin Duboc et Edward Perraud. Enregistré aux Instants Chavirés (Montreuil) en juin 2007, There Starts the Future propose une musique très particulière : l’atmosphère y est presque suffocante. Bennani navigue entre feulements et hurlements, déchirements et rage. Les structures harmoniques et rythmiques s’effacent pour laisser place à une musique de l’instant, secouée de soubresauts comme au commencement d’un monde. Cette musique tellurique dégage à la fois une énergie folle et une sensualité surprenante. Tout au long de ces deux plages, les lignes de saxophone et de contrebasse s’entremêlent au point qu’on ne s’y retrouve pas toujours. Duboc est probablement au sommet : sa maîtrise de l’instrument, sa capacité à être là où on ne l’attend pas, à toujours devancer les attentes, en font un partenaire parfait pour Bennani. Pour reprendre une expression de Joëlle Léandre, il est dans « un continuum de tempo, d’énergie ». De son côté, la batterie de Perraud semble être une source d’inspiration sans fin, multipliant les pistes ou relançant ses compagnons, soulignant les phrases qui giclent du saxophone. On découvre, ébahi, un magma sonore en fusion qui donne naissance, de façon quasi mystique, à une œuvre splendide.

“In the Beginning Was the Night”, titre du premier morceau, colle bien au trio : on est ici confronté à une musique nocturne, où les formes et les couleurs sont mélangées, où se confondent rythme, jaillissements mélodiques, jeu sur le son. Le pizzicato, l’archet ou les cordes frappées de la contrebasse, la variété des frappes de Perraud, son utilisation des cymbales participent d’une construction quasi cosmique. Petit à petit, l’oreille trouve son chemin dans ce paysage obscur, discerne les reliefs, se repère dans cet espace-temps-son inédit. Le second morceau, “I Had a Dream”, est le prolongement du paysage esquissé jusque-là. Le monde sonore du trio est installé, va en se structurant. La musique en marche semble tendue vers la réalisation de ce rêve, qui pourrait bien être celui d’un univers où le son précéderait la musique et déboucherait sur une création crépusculaire mais lumineuse, où il est vivement conseillé de plonger.





lesondugrisli.com
By: Guillaume Belhomme


Saxophoniste ténor entendu souvent auprès d’Alan Silva, Abdelhaï Bennani improvisait en juin 2007 aux côtés de deux autres de ses partenaires réguliers – le contrebassiste Benjamin Duboc et le batteur Edward Perraud – There Starts the Future.

èces, alors : In the Beginning Was The Light, improvisation intense additionnant ses couleurs par touches épaisses et menée de front en ouverture et fermeture, puis I Had a Dream, sur laquelle le saxophoniste geint davantage sur les coups secs de Perraud avant de faire un retour au grave pour mieux dialoguer sur contrastes avec l’archet de Duboc. Plus calme d’apparence, le second titre dévoile pourtant un lot d’espérances sourdes qui, une fois repérées, se font aussi saillantes qu’est implacable l’ensemble de la rencontre.





ImproJazz
By: Joël Pagier


Parmi les dernières références du label Ayler Records de Jan Ström, deux albums précis me vont droit au cœur et ce pour des raisons humaines aussi bien que musicales. En effet, il ne s'agit ni de tel monument afro-américain enregistré dans le temple suédois du free jazz, ni de telle star européenne de l'improvisation captée en plein cœur du New York Downtown, mais de deux artistes créatifs parisiens saisis sur le vif dans les deux ultimes bastions libertaires de la capitale. Toute considération hiérarchique mise à part, il est quand même bien agréable de voir des musiciens engagés et des programmateurs militants dont les efforts conjoints donnent accès au même catalogue que les Gayle, Brötzmann ou Gjerstad ! Surtout lorsque ces deux concerts, parfaitement restitués me semble-t-il, offrent des similitudes authentiques, sinon d'un point de vue esthétique, du moins par la place qu'ils occupent dans une perspective, disons, plus historique…

Le trio de Didier Lasserre, avec Sylvain Guérineau au saxophone alto et Jean Rougier à la contrebasse et autres petits instruments, était présent le 13 mai 2007 dans ce véritable havre de sincérité qu'est l'Atelier Tampon, dans le XIème arrondissement. Un lieu unique et tenu à la force du poignet par Marc Fèvre, grand amateur de vin et de poésie devant l'éternel, qui avait déjà produit le duo du batteur avec Jean-Luc Guionnet. Ici le free jazz, car c'est bien de cela qu'il s'agit, ne se décline pas en termes de force ni d'énergie, encore que ces deux critères ne soient pas absents, mais de profondeur et de poésie. Aux déluges de notes et autres explosions percussives souvent croisés dans cet idiome particulier, Didier Lasserre et ses comparses préfèrent la subtile élaboration d'une structure déconstruite et qui ne se livre pas avant que l'oreille n'en ait appréhendé toutes les finesses. Aucune évidence dans ces roulements de bois sec, ces cymbales étouffées, ces lignes brisées ou cette basse elliptique laissant moins à entendre qu'à deviner ! Les mélodies mêmes, qui se dégagent de ces échanges impromptus, apparaissent comme l'ossature d'un corps disloqué, sans forme réelle. Et pourtant, au début, on jurerait entendre un thème ! Mais il est à ce point disséqué par ces trois chirurgiens de l'abstrait qu'il en subsiste à peine l'ombre quand la conversation en vient à son point culminant. Sylvain Guérineau scrute l'harmonie, creuse incessamment le même sillon de son alto tranchant comme le soc d'une charrue et, pour peu que l'archet de Jean Rougier vienne lui-même cisailler les aigus de la contrebasse, c'est une seule lame qui entame le corps de la musique, met à nu ses nerfs et sa chair, nous livre son cœur dur comme un os et pourtant battant. Nous ne sommes pas ici en terres grasses, riches d'engrais naturels et constamment inondées. C'est un sentier pierreux que trace pour nous le trio, un chemin blanc à la surface accidentée de roches affleurantes, dont la poussière asphyxie le marcheur et dont la moindre parcelle est un territoire à gagner, une lutte harassante de caillasse à extraire sous le cagnard par bribes successives, par vagues de chaleur déplacées au hasard d'un souffle, d'une corde grinçante, d'un chaos métallique.

Dans ce disque superbe où la moindre note se mérite et sent la sueur de celui qui l'a offerte, Didier Lasserre semble nous dire à quel point il est difficile d'exprimer un simple son quand tant d'autres auraient pu exister. Un peu comme Hitchcock ou Kieslowski nous rappelaient, dans "Le rideau déchiré" ou "Le Décalogue 5 : Tu ne tueras point", combien il était dur d'assassiner un homme. Si, selon Jean-Luc Godard, "Tout travelling est une affaire de morale", le free jazz, tel qu'il est ici incarné, s'affirme, ni plus ni moins, comme une question d'éthique.

Moins disert encore que Didier Lasserre, c'est aux Instants Chavirés de Montreuil, un lieu que Thierry Shaeffer maintient depuis des années à un même niveau d'excellence, qu'Abdelhaï Bennani a choisi de tordre le cou à l'évidence du phrasé. Il s'est, pour cela, entouré de la paire rythmique de The Fish, un autre trio français participant activement au renouvellement du free jazz et documenté, comme par hasard… chez Ayler Records. On repère d'ailleurs dès les premiers échanges la réelle empathie liant la contrebasse de Benjamin Duboc et la batterie d'Edward Perraud, cette manière abrupte de trouer le silence d'un seul trait d'archet comme d'un unique raclement de cymbale sur la caisse claire, cette autorité, surtout, consistant à dissimuler derrière l'apparente absence de rythme un beat inflexible auquel rien ne peut échapper.
Au cœur de ce tissu métallique dont la brutalité n'a d'égale que la paradoxale capacité d'accueil, Abdelhaï Bennani se meut comme un poisson qui aurait choisi la ferraille pour mieux y arrimer son blues. Goulot étranglé, colonne d'air segmentée, ligne de chant tordue à la verticale du rythme, le ténor insiste sur le miracle de l'air expulsé malgré tout. Il y a du Beckett dans cette façon de dire l'indicible, de remettre toujours en chantier l'incapacité à exprimer l'essentiel et de parvenir, malgré tout, à le montrer, comme en creux, au détour d'une plainte vitale. Parfois, peaux et cordes semblent se libérer de l'étau qui les maintenait au sol et le saxophoniste ose une phrase plus déliée, un embryon de thème qui, très vite, atteint aux limites de son propre discours. Le silence alors, comme on tranche dans le vif, impose sa loi et renvoie chacun à son questionnement initial, à son impuissance majeure et vertigineuse. Il y a bel et bien du vertige dans ce choix implacable, dans ce désir de taire l'inaccessible plutôt que de laisser filer, du bout des doigts, des torrents d'inutilité. La parole, ce soir-là, était indispensable et, par conséquent, aussi rare que la beauté quand on la veut convulsive.
J'avais eu la chance, en ces mêmes Instants Chavirés, d'entendre Abdelhaï Bennani en compagnie d'Alan Silva et Makoto Sato. C'était à l'époque d'"Entrelacs", le très bel album produit, en 1999, par Marc Fèvre pour Tampon Ramier (que le monde est décidément petit !), et le flux musical semblait alors intarissable malgré la précision du contrebassiste et, déjà, la sècheresse du batteur. Aujourd'hui, en dépit de son titre évoquant Ornette et de l'intitulé plein d'espoir des deux plages du cd, le message est beaucoup plus économe. La conscience a pris les rênes du discours et, plutôt que de trop en dire et de sacrifier ainsi à la facilité verbeuse du temps qui passe, le saxophoniste impose sa marque sélective et ne nous livre que l'essence de sa pensée artistique, aussi noire que l'exige ce millénaire commençant.

Et pourtant, la beauté et la proximité de ces deux albums ainsi que l'accueil qu'a pu leur réserver le label suédois me semble contenir une notion aussi évidente que lumineuse. Si, depuis que le free jazz jeta son premier pavé dans la mare des convenances, d'aucuns voulurent sa mort quand d'autres le perpétuaient en réitérant sans cesse les mêmes clichés mortifères, il y eut toujours quelques artistes inspirés pour tenter de l'orienter vers un futur digne plutôt que de le condamner à la pétrification ou à l'oubli. Et, en l'occurrence, à l'Atelier Tampon comme aux Instants Chavirés, ces "adeptes passionnés" se nomment Didier Lasserre et Abdelhaï Bennani.





www.jazzword.com
By: Ken Waxman


Abdelhaï Bennani Trio - There Starts the Future (Ayler Records aylCD-083)
Phat - La Grande Peste (Insubordinations Net Label inc 26)

Free improvisation’s ying and yang are aptly demonstrated on these two French saxophone-bass-and-drum trio sessions. If Phat’s La Grande Peste is frantic and supercharged, rappelling through six tracks in 35 minutes, then the Abdelhaï Bennani Trio’s There Starts the Future is mercurial and discursive, with the band microscopically researching the limits of two extended improvisations for more than an hour. While the first CD is suffused with punkish energy and enthusiasm, Bennani’s more methodical session achieves a singular niche because its game plan is as different as it is unique. Interestingly enough, both saxophonists are men of the south, the Mediterranean Sea and the Mistral. Phat’s alto and bass saxophonist Heddy Boubaker was born in 1963 in Marseilles and now lives near Toulouse. Born in Fès in Morocco in 1950, Abdelhaï Bennani studied in Marseilles around the time Boubaker was in his teens, then moved to Paris, when he has been affiliated with players as distinctive as bassist Alan Silva, guitarist Camel Zekri and drummer Makoto Sato.

Someone who also manages la maison peinte, an improvised music venue near Toulouse, Boubaker has played with musicians ranging from German trumpeter Birgit Ulher to members of the local SonoFages collective, including Marc Perrenoud, who plays bass and electric bass here. Phat’s drummer, Fabien Duscombs, is also from Toulouse, but one who plays Ethiopian music as well as free improv. In contrast, Bennani’s drummer is Edward Perraud, part of the microtonal band Hubbub as well as backing such disparate saxophonists as Jean-Luc Guionnet and Arthur Doyle. Bassist Benjamin Duboc is even more versatile. His list of associates takes in Sato, Guionnet, trumpeter Roy Campbell and saxophonists Michel Doneda and Oliver Lake.

To be honest it takes the advanced contrapuntal, connective and chordal skills of both Parisian rhythm section mates to keep the more than 61½ minutes of There Starts the Future from derailing. In turns discursive, distracted and distanced in his soloing – especially when compared to Boubaker – Bennani’s mid-tempo performance is one of examination not assertion. Self-focused curvaceous trills, wispy breaths and strangled cries are his most common stratagems. Altissimo shrills, reed splintering and whistling are sometimes used for emphasis, but as abruptly as these explosions occur, they vanish – to be replaced by further plaintive mutterings and taut overtone ruminations.

Responding in an admirable fashion, Duboc and Perraud use almost every tactic available to the non-idiomatic instrumentalists to maintain rhythmic flow on the two overlong improvisations. Bennani’s repetitive split tones and striated cries are met by double-stopping thumps and string scrapes from the bassist and ratcheting reverb plus beat fastening from the drummer. If the saxophonist confines himself to excavating timbres within his horn’s body tube, cork and reed, Duboc enlivens those responses with harsh friction, sul ponticello runs and stops high up near the bass scroll. Meanwhile Perraud contributes paradiddles played with mallets on top of drum heads plus cymbal scratches and pings.

Rendering his parts with suppressed ferocity that suggest Edward Munch’s “The Scream”, the saxman’s mercurial output occasionally initiates billowing, shredded reed tones as if Perraud’s ratamacues and Duboc’s power strokes threaten to reduce him to further silence. Nonetheless, the bassist’s and drummer’s self-discipline is commendable when they resort to hand slaps on drum tops and positioned taps on the bass’s belly and ribs to enliven Bennani’s indolent lowing without masking it. Miraculously tonal fragmentation is masticated into a recapping of the initial head by Bennani during the second tune’s penultimate moments. Rounding the circle with Duboc’s staccato rumbles and Perraud’s rim-shot knocks, the piece concludes disconcertedly, when the saxman literally stops making sounds.

If the approach on There Starts the Future is languid and almost static, then La Grande Peste’s key words are agitated and frenetic. As the various sections of Duscombs’ kit reverberate with flams, drags, pops and paradiddles and Perrenoud’s electric bass sluices percussive thumps, alongside, Boubaker pierces the air with intensity vibratos, hocketing snorts, extended colored air pops and glottal squeaks.

Tracks like “La fête des blattes” and “The great purgatory of dead porn stars” aptly demonstrate the trio’s power. Reposing on an ostinato of dense bass guitar licks plus percussion rolls, the end product often resembles that produced by heavy metal-jazz combs like Zu or The Thing. Still Boubaker’s catalogue of freak tones, reed bites and bubbling altissimo cries is distinctively his own.

Climatically, the celebration of deceased adult movie performers’ comeuppance milks additional thrusts and screams from all three. With the percussionist irregularly pumping out a thick backbeat, as well as rattling bell trees and wood blocks and the bassist rappelling up and down his electric instrument’s neck as if he was playing a fretless bass, the ecstatic three-thing allows the saxophonist to pump even harder. Encompassing canyon-deep reverberating growls, honks, smears, tongue stops-and orgasmic cries, Boubaker finally ejaculates a spew of post-coital screams as Duscombs’ rebounds and drags loosen and tighten around this mock, mass coupling.

Elsewhere the members of Phat prove that their talent includes more than rock-hard physicality. The atmospheric “Ah!” for instance is constructed from timbral inferences not attacks, with the bassist’s single-string strokes resembling those of a berimbau and the drummer’s rumbles producing darbuka-like echoes. Eschewing the purported African affirmations, Boubaker’s spit tones are resolutely sprawling and distant.

Southern France and the Maghreb both have hot climates. Yet Boubaker chooses to portray that lifestyle in a steamy fashion, while Bennani’s nostalgic descriptions are more indolent.





Lira
By: PM Jönsson


Jan Ström meddelade strax innan jul att han överlämnar det huvudsakliga ansvaret för Ayler Records till Stephane Berland som bland annat byggt upp skivbolagets hemsida. Men även om frijazzspecialisten Ayler flyttar från Östergötland till Frankrike kommer konserter fortfarande att spelas in i Sverige. Däremot kanske man kan ana att jazzmusiker baserade i Frankrike tar större plats i utgivningen än tidigare. Den aktuella skivan med Abdelhai Bennani Trio – inspelad live i Paris i maj 2007 – är möjligen ett tecken på det.Okända musiker för mina öron, men knappast några nykomlingar. Abdelhai Benanni är född i Fez 1950, flyttade till Paris 1980 där han hamnade i kretsen kring basisten och pedagogen Alan Silva som spelat med Albert Ayler, Sun Ra och många av de stora frijazzmusikerna. Bennani har ett originellt sound, han spelar liksom inåt, låter sällan tenorsaxofonen bryta ut i kraftiga gester eller melodiska linjer, utan håller sig konsekvent inom en begränsad yta, med korta, prövande, oftast mörka övertoner. Och när han tar med sig basisten Benjamin Duboc och trummisen Edward Perraud på explosiva promenader vänder de snabbt hemåt igen, in i den täta, undersökande ljudkuben.Två långa låtar på ungefär en halvtimma vardera. Krävande lyssning. Ingen musik man kan vila i. Men det är bra, jag gillar den envisa spelstilen. Och det är bara att hoppas att Ayler fortsätter att lyfta fram såväl stora namn som doldisar.





Norrköpings Tidningar
By: Uno Ohlsson


Fransk musik intar en undanskymd plats i vårt land, det gäller inte minst improvisationsmusik med jazzanknytning.  
En bekantskap väl värd att göra är tenoristen Abdelhaï Bennani – född i Fez i Marocko 1950 – som slog in på musikerbanan 1980 och som spelat en hel del med avantgardisten Alan Silva.
På Ayler-skivan spelar han med Benjamin Duboc på bas och Edward Perraud på trummor. Tillsammans improviserar de i två halvtimmeslånga stycken. Det rör sig om intensiv sökande musik som utgörs av fragmentariska melodiska slingor.
Väl värt att låna ett öra.





freejazz-stef.blogspot.com
By: Stef


I had once heard Abdelhaï Bennani's "Ensounded" record, and qualified it maybe too fast as good but not more than that, but after listening to this performance, I may have to go back and revise my opinion. The trio conists of the leader on tenor, Benjamin Duboc on bass and Edward Perraud on drums. From the very beginning Bennani sets the scene by playing very intense, almost agonizing tones, in short bursts and wails, creating openness and tension at the same time. Duboc reacts well, both pizzi and arco, and Perraud joins with a very implicit rhythm, keeping the tempo yet playing assymmetrically, now on the toms, then on the cymbals, some rolls and a rimshot. The music hesitates, tries to move forward, perplexed and in full suprise, yet it moves on, and as a listener you would expect a moment of release, a moment when the thing explodes into unrestrained hitting, plucking and blowing. You can wait for nearly 30 minutes on that first track, but that release does not come, you stay in this little sound universe the trio has created for you : intense, open, hesitating, agonizing. That doesn't mean that nothing happens, quite on the contrary, the story they tell is an interesting and captivating one, there are variations, in Bennani's tone, in some sudden walking bass and tempo increase, but it just will not give that moment of release, before you know it, they're back in their small universe, as a trio, for a bass solo, for some powerfully subtle drum beats. The second track starts more uptempo, yet don't expect themes or patterns, Bennani keeps uttering his highly sensitive squeals, and then it evolves into slowness, with little sounds produced by the three instruments, apparently only there as boundaries for silence and open space, yet the slower they play, the less sounds you hear, the higher the intensity. You get the feeling that some huge thing is trying to get out, emotionally overpowering and potentially explosive, yet it doesn't, it's duly chained within this trio's sound universe, making the story even more compelling. And that's the amazing paradox of this trio : how free improvisation can create such a powerful feeling of confinement and restraint (whether deliberate or not). A great listening experience for those with open ears.





www.soundofmusic.nu
By: Magnus Nygren


Med ”There starts the future” lyfter det svenska skivbolaget Ayler Records fram ännu en ”doldis” från frijazzvärlden. Saxofonisten Abdelhaï Bennani härstammar från Marocko och flyttade till Paris 1980. Han anslöt sig snart till frijazzbasisten Alan Silvas IACP, Institute for artistic and cultural perception.
På ”There starts the future”, inspelad i franska Montreuil i juni 2007, har han med sig de kompetenta fransmännen Benjamin Duboc på bas och Edward Perraud på trummor.

Två låtar på runt halvtimmen vardera. Båda medvetet begränsade i både sound och tempo. Intensiteten varierar däremot. Bennani har en intressant och ganska säregen stil på tenorsaxen, spelytan är minimerad med korta mörka toner som han ytterst sällan låter ringa ut. Lite strävt muttrar han, prövar, vrider och vänder och smittar av sig på Duboc och Perraud.
På ”In the Beginning Was the Night” dröjer det fram till 25:e minuten innan musiken börjar att rulla. Det är som att Bennani vägrar att ge upp innan han har prövat alla varianter av de korta fraserna. Inte mig emot, hans stil och envishet är tilltalande och det finns en klar dragningskraft i hans ton.

Det finns likheter mellan ”In the Beginning Was the Night” och ”I Had a Dream”, den senare dock något mer öppen för stundens ingivelser och tonerna får lite mer tid att verka. Men fortfarande ligger ett återhållsamhetens filter över musiken.
En bra skiva.





www.pinkushion.com
By: Fabrice Fuentes


Enregistrées aux Instants Chavirés en juin 2007, les deux plages de There Starts The Future laissent entendre un saxophoniste ténor marocain trop peu exposé, Abdelhaï Bennani, qui a joué notamment avec Henry Grimes, Sunny Murray, Bobby Few, William Parker, ou encore Alan Silva (à écouter le superbe Enfance, 1998). Ce set free, cheminant pendant un peu plus d’une heure là où rares sont ceux qui s’aventurent, tire son intensité d’un pouvoir de dispersion fascinant. À l’instar de la lumière se diffractant via l’intermédiaire d’un prisme, la musique jouée par Bennani, on ne peut mieux accompagné ici de Benjamin Duboc (contrebasse) et Edward Perraud (batterie), multiplie les possibles comme autant de pistes laissées un temps en jachère, mais nullement vouées à le rester. “I Had a Dream” en rappelle un autre. Celui d’une musique plurielle et transcendante à laquelle l’instant donnerait naissance, pour, celui d’après, tout lui reprendre. Une musique autre dont la grandeur résiderait dans la mise en perspective qu’en tout acte demeure, à chaque moment, le risque de tout perdre. De la joie extatique, mais aussi de la peur d’affronter le futur pour sortir de la nuit : “In The Beginning Was The Night”. Entrer sur scène comme dans une arène pour y jouer sa vie, et déjà sa mort. De la plainte à l’emportement, avec une précision dans le geste qui ne semble jamais antinomique de la liberté d’exécution, le trio d’Abdelhaï Bennani échafaude des architectures sonores qui montent en puissance à mesure que le temps passe et le langage commun se ramasse, dévie, s’enflamme, se décline et, pour tout dire, se poétise. Pour atteindre lors des vingt dernières minutes une intensité saisissante. Souffles, cadences, rythmes, cris, frôlements, grincements. Danse et chute. Trois corps s’exposent au bord d’un nouveau monde. Et c’est magnifique.





www.lesondugrisli.com
By: Grisli

Saxophoniste ténor entendu souvent auprès d’Alan Silva, Abdelhaï Bennani improvisait en juin 2007 aux côtés de deux autres de ses partenaires réguliers – le contrebassiste Benjamin Duboc et le batteur Edward Perraud – There Starts The Future.

Deux grandes pièces, alors : In The Beginning Was The Light, improvisation intense additionnant ses couleurs par touches épaisses et menée de front en ouverture et fermeture, puis I Had A Dream, sur laquelle le saxophoniste geint davantage sur les coups secs de Perraud avant de faire un retour au grave pour mieux dialoguer sur contrastes avec l’archet de Duboc. Plus calme d’apparence, le second titre dévoile pourtant un lot d’espérances sourdes qui, une fois repérées, se font aussi saillantes qu’est implacable l’ensemble de la rencontre.